Les Filles de Tsélofrade

16 Juil 2025 | VÉESSE | 0 commentaires

Audace · Lien · Transmission

L’ audace des Bnot Tselofrade


L’épisode des cinq filles de Tsélofhad se déroule à la fin de l’époque de l’Exode, juste avant l’entrée du peuple en Terre d’Israël.
Mahla, Noa, Hogla, Milka et Tirtsa sont connues pour avoir revendiqué le droit d’hériter des terres de leur père, mort sans fils. Leur demande aboutit à un changement légal majeur dans la loi d’héritage d’Israël.
J’aimerais mettre en relief deux points : le fond et la forme.
1-    La forme : oser bousculer des lois fermes, établies, et dites définitives.
Demander n’est pas imposer.
La question dans la Torah a toujours été encouragée, car effectivement, nous n’encourageons pas un endoctrinement, mais une pratique vivante, nourrie par la compréhension.
Il est vrai que nous devons faire, puis comprendre (« naassé venichma »), mais le venichma n’aurait pas été dit s’il ne faisait pas partie de notre essence.
La transmission passe par le questionnement, et l’évolution personnelle aussi.
Elles ne se sont pas dit : « C’est comme ça, nous ne pouvons rien faire. »
Elles n’ont pas subi leur destinée, mais ont été actrices de leur destin.
Elles ont osé aller solliciter Moché, qui lui-même est allé consulter Dieu !
Et Hachem de répondre à Moché : « Les filles de Tsélofhad ont raison. Tu leur donneras en héritage une possession parmi les frères de leur père. »
Quelle audace elles ont eue !
Cela n’a pas été mal perçu, bien au contraire :
la Torah et le judaïsme représentent une vision juste et équilibrée de la vie.
Les femmes y ont aussi leur place pleine et entière dans cette Torah de vie.
Depuis ce moment historique, la loi d’héritage a été changée.
On dirait bien qu’à l’epoque où notre sainte thora était encore plus omniprésente que de nos jours , les femmes étaient sainement mise à l’honneur !
2-    Le fond : que signifie l’héritage ?
Selon ma modeste réflexion que je vous partage, il me semble que le sujet de l’héritage mérite une vision plus profonde et psychologique, que celle souvent banalisée.
Quand un enfant demande à recevoir l’héritage de ses parents, il ne s’agit pas simplement de biens matériels et/ou financiers.
C’est souvent une manière de garder un lien avec ceux qui sont partis, de conserver une trace tangible de ces êtres si chers.
Le matériel devient un vecteur de présence : un moyen d’avoir un peu d’eux encore avec nous.
Les différends autour de l’héritage sont parfois, au fond, un cri du cœur :
« Moi aussi, je mérite d’être considéré comme un enfant à part entière,
d’avoir toute mon importance, et d’être traité comme les autres membres de la fratrie »
C’est un dernier cri d’amour envers les disparus.
Et c’est là que surgit la douleur, quand l’un se sent lésé — comme s’il avait reçu un acte de désamour.
Pour revenir à l’histoire des Bnot Tsélofhad, et à travers cette vision,on comprend qu’elles n’ont pas revendiqué par égo ou rébellion, mais pour garder le lien avec leur père défunt.
Leur demande n’était en aucun cas une forme d’effronterie, mais une volonté sincère de préserver un héritage moral, à travers un héritage matériel.
Car on le sait : le spirituel passe souvent par le matériel, dans bien des domaines…
Pour finir : à l’image des filles de Tsélofhad, sachons transformer le matériel en spirituel. Osons prendre les risques nécessaires, nous questionner, osons demander,
et parfois, avec justesse, bousculer les idées établies, dans une démarche de vérité.

🎨 Une sublime illustration signée Yael Sportouch!

📝 Un texte passionnant 👇🏻de Malka Dayan, dans le thème “LES FEMMES SAVANTES”, en l’honneur de la Parashat PINHAS !

À lire, à méditer, à liker, à transmettre.

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