Courage · Humanité · Transmission
Simone Veil est pour moi un modèle.
Elle est l’incarnation de l’excellence et du courage.
Une femme à la fois forte, lucide et profondément humaine.
Le genre de personne que je rêverais de devenir.
Sa résilience est un exemple pour moi.
Elle est la force dans la douceur.
C’est exactement ce que je m’efforce d’être au quotidien et c’est ce que notre peuple tente en permanence d’être.
C’est pour cette raison que j’ai souhaité clôturer les illustrations que j’ai prises plaisir à faire pendant un an par cette femme qui, pour moi, est une très grande femme.
Et quel symbole en ce jour béni où tous les enfants d’Israël qui sont encore vivants sont rentrés à la maison puisque comme eux,
Simone Veil fut un jour l’otage du mal, et comme eux, elle est revenue de l’enfer…
Simone est née en 1927 à Nice, dans une famille juive, laïque et cultivée : la famille Jacob.
Son père, architecte, aimait la rigueur et la beauté.
Sa mère, Yvonne, était une femme douce, ouverte, tournée vers la culture.
Simone avait deux sœurs, Madeleine et Denise, et un frère, Jean.
Son enfance fut heureuse, solaire, entre mer et montagne.
Mais en 1939, la guerre éclate.
Simone n’a que douze ans.
Et malgré les humiliations des lois antijuives, elle continue à étudier avec acharnement.
Elle passe son baccalauréat en 1944, alors que les rafles se multiplient sous le régime de Vichy.
Le soir même, alors qu’elle venait de fêter sa réussite, elle est arrêtée par la Gestapo et déportée à Auschwitz-Birkenau avec sa mère et sa sœur Madeleine.
Son père et son frère, eux, sont déportés dans un autre camp et n’en reviendront jamais.
Sa sœur Denise, qui échappe à l’arrestation, s’engagera dans la Résistance.
À Auschwitz, Simone devient le numéro 78651.
Elle est affectée à des travaux forcés, notamment à la construction de murs en briques.
Elle a dix-sept ans et comprend très vite que sa vie ne tient qu’à un fil.
Durant cette période où l’inhumanité règne, Simone se lie d’amitié avec Marceline Loridan.
Toutes deux se soutiennent, se parlent, se jurent de ne pas mourir avant de s’être revues libres.
Elles tiendront promesse et resteront amies pour toujours.
La mère de Simone, quant à elle, mourra du typhus avant la libération.
Après des années d’horreur, Simone rentre en France avec pour seule famille ses sœurs.
Mais la France ne veut pas entendre ce que les survivants ont vécu.
Alors, comme beaucoup, elle se tait.
Elle choisit la vie.
Elle reprend ses études, rencontre Antoine Veil, l’homme de sa vie.
Elle met un temps sa carrière entre parenthèses, mais son excellence la rattrape vite.
Elle devient magistrate, puis s’engage dans la haute fonction publique.
Dans un monde où les femmes sont peu considérées, où elles sont souvent “la femme de…”, son époux devient “le mari de madame Veil.”
Mais le destin continue de la frapper : sa sœur Madeleine meurt dans un accident de voiture.
Une fois encore, Simone transforme la douleur en force.
Elle travaille sans relâche pour défendre la dignité humaine, notamment celle des femmes et des prisonniers.
Puis vient son grand combat de 1974 : la loi sur l’interruption volontaire de grossesse qui en ce temps engendrait des drames pour des femmes qui dans la clandestinité et le désespoir s’adressaient à des personnes non habilitées.
Face à une Assemblée presque entièrement masculine, elle parle avec calme, clarté et une détermination absolue.
Elle subit des insultes, des menaces ; on la traite de monstre, on la compare aux nazis.
Mais elle ne cède pas.
Et elle gagne.
Elle ne s’arrête pas là.
Simone Veil devient la première présidente du Parlement européen, symbole d’une Europe bâtie sur la paix.
En 2008, elle entre à l’Académie française et fait graver sur son épée son matricule : 78651.
Entourée de la famille qu’elle a bâtie, elle retourne à Auschwitz, montrant ainsi que la vie avait gagné.
Elle décède en juin 2017, à l’âge de 89 ans.
En 2018, elle entre au Panthéon, aux côtés de son mari Antoine.
Entre ces deux extrêmes — Auschwitz et le Panthéon — Simone Veil aura incarné le courage sans haine, la mémoire sans amertume, la force dans la douceur.
Cette sagesse doit être un exemple pour nous toutes, surtout dans les jours sombres que nous traversons depuis plus de deux ans.
Notre peuple est un peuple de lumière.
La vie et l’humanité doivent toujours triompher.
Ne perdons jamais cela de vue, même lorsque nos ennemis cherchent à assombrir nos cœurs.
🎨 Une illustration sublime signée YAËL Sportouch
➡️ dédiée à la Refoua Chelema de son mari Pinhas ben Solange
📝 Un texte bouleversant, écrit par *YAËL SPORTOUCH, en ce jour si fort et si attendu, du Retour de nos derniers otages à la maison…
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