Yokhéved, Myriam, Rahel – Les “troyes” filles de Rashi

6 Août 2025 | VÉESSE | 0 commentaires

Érudition · Transmission · Précurseures

Les Filles de Rachi : Trois lumières d’érudition au cœur du Moyen Âge juif

Nous sommes au XIe siècle, à Troyes, en Champagne. Dans une époque où l’étude du Talmud est l’apanage quasi exclusif des hommes, une famille hors du commun va s’illustrer. À sa tête : Rabbi Chlomo ben Itshak — plus connu sous l’acronyme Rachi (רש”י) —, l’un des plus grands commentateurs bibliques et talmudiques de tous les temps.

Ce maître d’exception, qui vécut de 1040 à 1105, est non seulement l’auteur du commentaire fondamental sur la Torah, mais également un père profondément impliqué dans l’éducation intellectuelle de ses enfants… et en particulier de ses filles :

Yokhéved, Myriam et Ra’hel

On raconte — selon des traditions orales solides, et relayées par plusieurs chercheurs — que ces trois sœurs reçurent une éducation exceptionnelle, au point de maîtriser la Torah écrite, la Torah orale, et même les subtiles arcanes du Talmud, domaine alors réservé aux hommes.
Certaines lettres écrites par Rachi à ses filles, en hébreu ponctué de français médiéval, témoignent de leur niveau, de leurs échanges et de leur lien intellectuel.

🪶 On rapporte que Yokhéved, l’aînée, était capable de corriger les manuscrits talmudiques de son père.
Myriam, la seconde, aurait inspiré des responsa dans les Tossafot, grâce à ses discussions avec son mari, le Tossafiste Rabbi Yehouda ben Nathan.
Quant à Ra’hel, la plus jeune, elle aurait poursuivi cette transmission auprès de ses propres enfants érudits.
Ensemble, elles furent les premières “Bat Torah” de l’histoire juive d’Europe.

Certaines sources évoquent même qu’elles portaient les tefillin, une pratique extrêmement rare pour les femmes de leur temps, montrant leur niveau d’engagement dans la mitsva d’étude !

Ces femmes, bien avant l’époque moderne, ont montré que l’intelligence féminine pouvait s’épanouir dans la Torah, tout en se conjuguant avec leur identité de fille, de femme, d’épouse, de mère !

Leur impact s’est prolongé à travers leur descendance :
➡️ Yokhéved épousa Rabbi Méir ben Shemouel, et donna naissance à Rabbi Shmouel ben Méir — plus connu sous l’acronyme Rashbam, ainsi qu’à Rabénou Tam (Yaakov ben Méir), deux géants du commentaire talmudique.
➡️ Miriam épousa Rabbi Yehouda ben Nathan, dit Rivan, lui aussi un commentateur renommé.
➡️ De Ra’hel, on sait peu de choses, mais certains textes suggèrent qu’elle aussi s’était mariée à un érudit et avait transmis l’amour de l’étude à ses enfants.

Au-delà de la simple biographie, ces trois sœurs incarnent un modèle précurseur : celui de la femme savante, engagée dans la transmission, dans une société patriarcale et halahique !
Elles ont enrichi l’étude et la compréhension de la Thorah et du Talmud de leurs voix et de leur sensibilité féminine !
Elles sont à l’origine d’une transmission puissante qui nous éclaire jusqu’à nos jours !

Enfin, leur héritage demeure vivant en chaque femme qui ouvre aujourd’hui un livre de Talmud, commente un verset, ou enseigne la Torah !

📝 Un texte composé par votre dévouée Hadassa Malka Tebol, dans le cadre de notre série « Les Femmes Savantes »!

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